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Home Histoire 1939-45 La Madeleine sous l'occupation

La Madeleine sous l'occupation

La France est alors découpée entre zone "occupée" et zone "libre" (en vérité une liberté très surveillée). Une ligne "de démarcation" délimite les deux secteurs.
Moulins est, elle aussi, divisée entre ces deux zones puisque la ligne de démarcation la traverse : la rive droite de l'Allier est en zone occupée et La Madeleine en zone libre.

Pour des milliers de français, franchir le Pont Régemortes à Moulins représentera le passage vers l'espoir, la liberté ou vers des proches séparés par la "ligne". Les photos de ce pont illustreront les livres d'Histoire et ouvrages sur l'occupation faisant du Pont de Moulins un symbole de la France divisée en deux.

Derrière ces photos, il y a les multiples faits de bravoure de résistants ou de passeurs pour franchir le pont, malgré les contrôles. Il y a aussi les drames de ceux qui se firent prendre et qui subirent alors les rigueurs des geôles de la Mal Coiffée et des actes odieux qui s'y déroulaient.
Et pour la vie quotidienne des habitants de La Madeleine, il y a les tracas d'une ville coupée en deux ou le moindre geste de tous les jours peut avoir des conséquences dramatiques.

Il est nécessaire de se munir de laissez-passer (Ausweis) pour aller au centre ville, en faisant une démarche auprès d'un bureau situé au quartier Villars. L'attente pour obtenir le précieux document est souvent longue. Certains habitants du quartier louent des chambres aux personnes de l'extérieur qui attendent un laissez-passer.
Au quartier Villars se trouve aussi une annexe de la Préfecture. Dans une ancienne brasserie, située dans l'actuelle avenue de la Libération, en face de la station de bus "La Murière", ont été installées une annexe de la mairie et de la poste. Les échanges de courriers entre les deux zones étaient limités à des cartes spéciales. Il existait un contrôle postal qui surveillait les correspondances. Des lecteurs du service du contrôle prélevaient des lettres, les lisaient, puis refermaient le courrier. M. Rougeron, indique dans son ouvrage que le contrôle postal de La Madeleine préleva 1000 lettres dans le seul mois d'octobre 1941.

Pour les jeunes hommes de la Madeleine, qu'étaient alors nos témoins de la réunion du 4 septembre; il y eut tout d'abord les chantiers de jeunesse. A la place du service militaire, les jeunes devaient en effet participer à six mois de chantiers de jeunesse.
Puis leur préoccupation fut le STO. Institué en septembre 1942, le service du travail obligatoire obligeait les jeunes requis à aller travailler en Allemagne. Pour échapper à cette contrainte, certains "firent le paysan" : être employé dans une exploitation agricole permettait de tenter de se soustraire au départ vers l'Allemagne.
Ce premier pas pour se cacher des autorités conduisait ensuite à rejoindre la Résistance et les maquis proches de Moulins. Un de nos témoins nous raconta alors les craintes des contrôles, la part de chance qui à fait qu'il échappa à l'arrestation, et la bravoure de ceux qui participèrent à des actions de Résistance.

 

Sources :
- Témoignages des anciens de La Madeleine en réponse aux questions des enfants du quartier.
- Complétés par des références aux ouvrages de :
. M.Sérezat "Et les Bourbonnais se levèrent"
. M.Rougeron "Quand Vichy était capitale"
- Et les informations extraites des revues suivantes :
. Bulletins de la société d'émulation du Bourbonnais
. Bulletins municipal de Moulins d'octobre 1980, "il y a 40 ans à Moulins"

 

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